Coupoles et fariboles

On a construit, en d’autres temps,
Un joyau, dit-on, sans pareil.
Bâtiraient-ils l’équivalent,
Ces seigneurs dont l’égo s’éveille
Pour un bitcoin en perdition,
Pour une bataille insensée ?
Par esprit de contradiction,
Sans hésiter, je veux le nier.
Or c’est bien avec amertume
Que je constate la vérité :
Aux projets fous, on s’accoutume.
Des îles factices, des tours sans fin
En un instant peuplent la terre.
Et la plèbe étouffe en son sein,
Trop affairée pour les faire taire.
Siècle après siècle, on continue
À ériger sans retenue.
Et si l’on mettait aujourd’hui
Mille volontés et autant d’or
Pour porter de brillants esprits
Dépourvus de desseins retors ?
Nul nom divin à vénérer,
Tout un chacun à honorer.
Nos mains, plutôt que de prier,
Seraient utiles et occupées,
Et nos têtes moins encombrées
Verraient le ciel, les eaux, les prés.
« Une utopie, un jeu idiot ! »
Penserez-vous avec raison.
Mais souvent les rêves d’un sot
Se transforment en sage décision.
Regardez bien ce dôme béant,
De luxe, de gêne, revêtu !
Comment peut-on s’impliquer tant
Pour une idée si farfelue,
Quand on pourrait plus ardemment
Œuvrer à tout ce que l’on n’ose ?
Éliminer ces privilèges
Qui de maints troubles sont la cause
Et que les peines enfin s’allègent
Avant que notre monde implose.

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